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Communications et Financements : renforcer l’entreprenariat agricole chez les jeunes au Burkina Faso !

Participants à la formation : Agriculture et TICs : Initiation au Web 2.0 à Yam Pukri le vendredi 12 aout 2016Le financement réel de l’agriculture, sa professionnalisation, sa promotion auprès des jeunes qualifiés et la question de l’accès au financement des jeunes entrepreneurs agricoles (JEA) sont des facteurs limitatifs d’un développement agricole durable.

En marge de la commémoration de la Journée Internationale de la Jeunesse YPARD Burkina Faso et ANJE-BF : l’Association Nationale des Jeunes Économistes du Burkina Faso, ont organisé les 12 et 13 août 2016 une formation pratique sur l’ « entrepreneuriat agricole (EA) et TICs : initiation au Web 2.0 » suivie d’une conférence sur les « fonds publics et privés pour l’Entreprenariat Agricole des Jeunes : état des lieux, modalités d’accès et perspectives » ayant mobilisé près d’une soixantaine de participants.

La formation et la conférence ont permis aux Jeunes Entrepreneurs Agricoles de :

  • comprendre les liens entre le Web 2.0 et l’Entreprenariat Agricole;
  • créer et animer un blog;
  • utiliser les réseaux sociaux pour son activité professionnel;
  • utiliser des plateformes de financement dont le financement participatif (crowdfunding).

« Les fonds sont là mais ne voient pas les jeunes ! »

Les présentateurs ont montré l’existence de 18 fonds publics de financement avec au moins 7 dont les jeunes promoteurs agricoles peuvent bénéficier. C’est ainsi que 4 de ces fonds ont été largement présentés : les fonds d’appui au secteur informel (FASI), à la promotion de l’emploi (FAPE), aux initiatives des jeunes (FAIJ), et le fonds de développement de l’élevage (FODEL)

En ce qui concerne les financements privés, la Confédération Paysanne du Faso (CPF) exécute un programme en faveur des JEA. Elle fait le plaidoyer pour la création d’une banque agricole et la mise en place d’une assurance agricole. Le secteur bancaire représenté par Coris Bank International a permis aux JEA d’avoir des informations sur les gammes de produits proposés ainsi que les modalités d’accès pour le secteur agricole (exemple: le financement avant la récolte, durant la production ou après récole ; le financement des commandes ou sur stocks ; le Crédit warrantage ; le financement acquisition petits équipements/matériels ou actifs immobiliers ; prêts pour l’achat de terres, de bâtiments ou autres améliorations. L’agriculture bénéficie d’un taux d’intérêt préférentiel.

À la suite des échanges sur les financements classiques, une présentation a été faite sur le crowdfunding qualifié de financement participatif. Au Burkina Faso, BeogoLab fait la promotion de ce type de financement. Il dispose d’un fonds de capital-risque dont la principale condition est de se faire coacher.

Les échanges ont permis de tirer des recommandations regroupées en trois points.

Recommandations

À l’endroit de l’État et des structures gérant les fonds publics :

  • Regrouper les multiples fonds nationaux en fonds sectoriels
  • Améliorer la stratégie de visibilité des fonds nationaux
  • Former des potentiels entrepreneurs est une bonne initiative et travailler à leur installation effective est plus que nécessaire
  • Réaliser une évaluation interne régulière de l’impact des différents fonds nationaux
  • Mettre en place des initiatives pour l’anoblissement du métier d’agriculteur
  • Accompagner les promoteurs agricoles à la formalisation
  • Diminuer davantage les taux d’intérêt des prêts publics octroyés aux JEA
  • Rendre effectif la création de la banque agricole et la mise en place d’une assurance agricole

À l’endroit des organisations paysannes agricoles et  des structures gérant des fonds privés et innovants

  • Améliorer la visibilité des opportunités de financement disponibles
  • Le crowdfunding, embryonnaire au Burkina Faso : il sera intéressant que des initiatives telles que BéogoLab soient encouragées et développées
  • Assouplir les conditions de prêt et d’accompagnement des jeunes promoteurs agricoles
  • Faire des plaidoyers réguliers pour la prise en compte de la jeunesse dans les politiques publiques et les instances de décision
  • Rendre opérationnel le Collège des Jeunes de la CPF

À l’endroit de YPARD Burkina et de l’ANJE-BF

  • Réaliser des plaidoyers réguliers sur la thématique jeunesse et agriculture
  • Faire la promotion de l’agriculture auprès des jeunes professionnels en utilisant les réseaux sociaux
  • Montrer à l’aide des technologies de l’information et la communication (NTICs) des récits de succès et d’échecs de jeunes promoteurs
  • Créer un répertoire de jeunes entrepreneurs agricoles
  • Partager les informations sur les financements agricoles disponibles

« Des jeunes cherchent désespérément des fonds et ces fonds sont à la recherche également de jeunes promoteurs ! » ; de telles assertions montrent que la promotion de l’agriculture auprès des jeunes doit être un sacerdoce. YPARD Burkina Faso et ANJE-BF ont réussi le pari de former une vingtaine de jeunes promoteurs agricoles sur les NTICs et regrouper une cinquantaine de participants pour échanger sur la problématique des financements disponibles pour des jeunes entrepreneurs agricoles. Les deux associations ont pris l’engagement de renouveler de telle initiative.

Les membres d’YPARD Burkina Faso ont profité de ces journées pour la mise en place officielle d’un bureau exécutif opérationnel composé de 7 membres. Des démarches ont été entreprises pour la reconnaissance officielle de l’association.

Participants à la conférence : Fonds publics et privés pour l’entreprenariat agricole des jeunes : état des lieux, modalité d’accès et perspectives au Conseil Régional du Centre, samedi 13 aout 2016

Nos remerciements aux intervenants lors de la formation et de la conférence :

  • Mr Paul T. ILBOUDO, Parrain, Maire de la commune de Loumbila, promoteur d’un centre de formation professionnelle de jeunes au métier d’agriculteur ;
  • Dr Sylvestre OUEDRAODO, Enseignant-chercheur Université Ouaga 2, Responsable de l’association Yam Pukri ;
  • Mme Marie S. DIALLO/ZOUNGRANA, Chef de Service Recouvrement des Créances du Fonds d’Appui à la Promotion de l’Emploi (FAPE) au Ministère de la Jeunesse, formation et insertion professionnelle (MJFIP) ;
  • Mr Lassinan KABORE, Conseiller de Jeunesse et d’Education Permanente au MJFIP ;
  • Mr Benoît I. OUEDRAOGO, Chargé de Service Suivi-Evaluation Fonds de Développement de l’Elevage (FODEL) ;
  • Mr Toussaint TIENDREBEOGO, Chargé de Crédit FODEL ;
  • Mr Seydou OUEDRAOGO, membre de la CPF, entrepreneur agricole ;
  • Mr Charles S. KAM, Chargé d’Affaires crédit agricole et IMFs CBI ;
  • Mr Mahamadi ROUAMBA, Directeur Général Ticanalyse (BeogoLab).